Véhicules électrisés: ratage monumental

En voiture Simone! Dans ce billet, un petit retour sur le passé des toutes premières voitures électriques. Pour mieux préparer l'avenir tout proche...

Il y a longtemps, plus d'un siècle, des industriels de l'automobile français très connus ou aussi étrangers, ont produit quelques modèles "tout électrique" et ont prédit un décollage massif de cette catégorie, grâce à l'invention de la batterie acide-plomb rechargeable en 1859 par le français Gaston Planté. A cette époque déjà, un certain nombre de personnes de tous bords (citoyens, politiques, décideurs, ...) ont vu dans la fée électricité que l'on pouvait en faire un usage noble dans le cadre de la mobilité. La voiture purement et simplement électrique paraissait déjà être la seule bonne solution, viable, pérenne, "durable".

Ainsi, la voiture électrique ne date pas d'hier, mais d'avant-hier. On peut notamment citer l'un des tous premiers véhicules électriques roulant du monde, le tricycle électrique Benz Patent Motorwagen, conçu en 1881!

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Peu de temps après, Thomas Parker, qui avait mis l'électricité dans le métro londonien, a conçu lui aussi une carriole électrique en 1884. Il s'agirait d'ailleurs là de la première voiture de 4 roues qui ait été électrique.

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De même, on oubliera pas la Jamais Contente conçue à partir de 1898 par Camille Jenatzy, qui a battu le record de vitesse en 1899 avec près de 106 km/h!

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Donc en réalité, la voiture électrique, c'est très vieux.

Là où le bât blesse, c'est que ces inventeurs et industriels ont installé des moteurs électriques et quantité de batteries acide-plomb, car évidemment c'était la seule technologie de batterie disponible à cette époque qui n'est pas si lointaine que ça. L'autonomie était des plus limitée. La jamais contente par exemple pesait batteries comprises 1.5 tonnes!

Revenons un peu à notre époque, un peu avant l'année 2000.

Plus d'un siècle plus tard donc, nos industriels ont remis le couvert... Sans avoir aucunement innové par rapport aux années 1880! Ils ont tenté de mettre sur le marché des voitures qui en réalité étaient électrisées (la nuance est importante!): ils ont utilisé des voitures thermiques conventionnelles sans avoir mené de politique de réflexion adéquate autour d'une chaine de motricité électrique. Ces voitures avaient été pensées autour d'un moteur thermique et d'un réservoir d'essence. Pire, on retrouvait dans ces véhicules électrisés les bonnes vieilles batteries acide-plomb!

Le concept était ainsi mort né. Les véhicules furent bien trop lourds et complètement inadaptés à une technologie tout électrique, même si cela fonctionnait. L'autonomie était très limitée (quelques dizaines de kilomètres au plus, jamais plus de 100) ainsi que leur vitesse de pointe (de l'ordre de 80 à 90 km/h). Les batteries au plomb alourdissaient le véhicule, et prenaient toute la place du coffre, et les temps de recharge étaient extrêmement longs pour ne pas dire prohibitifs, de sorte que le véhicule passait plus de temps sur sa borne de recharge que sur la route!

Les séries produites n'ont jamais pu être vendues en totalité, seuls les organismes publics, tels que l'état, la poste, EDF et d'autres du même genre, en ont pris quelques-uns contraints et forcés, histoire d'essuyer les plâtres.

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Ce fût un ratage monumental.

Cette catégorie de véhicules, les électrisés, n'a jamais eu aucun avenir, et plusieurs constructeurs ont purement et simplement jeté l'éponge. Et pourtant, c'est à partir d'erreurs comme celle-ci que les grandes inventions naissent. On tient donc ici la solution d'avenir. Mais au lieu de prendre un véhicule étudié pour un moteur thermique afin d'y mettre un groupe de propulsion électrique, il fallait plutôt penser un nouveau type de véhicule autour du groupe de propulsion électrique.

C'est ce que relatera le prochain billet.

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