Ah! La voiture!

Lorsque l'on touche à la sacro-sainte voiture, on assiste à une levée de boucliers extraordinaire !

La voiture est le prolongement de l'habitat...

On passe aujourd'hui plus de temps dans sa voiture au quotidien, que dans sa maison. Elle revêt donc une importance capitale. On l'utilise pour tout et n'importe quoi, aussi bien pour des grands trajets - ce qui est parfaitement justifié - que pour des petits voire même très petits trajets, ce qui l'est beaucoup moins, surtout quand la voiture contient très souvent un seul occupant!

Et pourtant, pour ce qui est de la voiture sous la forme sous laquelle nous la connaissons aujourd'hui, ses heures sont comptées. Profitez-en bien car c'est la dernière que vous aurez comme ça ! Sa vie est intrinsèquement liée à celle des réserves de pétrole, et du Pic de Hubbert où la production pétrolière connaîtra une période de stabilisation variable selon les avis, et enfin entamer un déclin plus ou moins rapide. Cela fait déjà un moment, d'ailleurs, que le prix du baril de pétrole fleurte avec les sommets. Et ce n'est pas terminé car même si tout un chacun peut encore supporter de payer un litre autour de 1.5 €, ce prix constitue une barrière symbolique et psychologique. D'ailleurs en 2012, ce prix au litre a atteint 2 €! Les problèmes concernant la voiture et le pétrole, les tensions géo-politiques que cela engendre, ne font que commencer et vont obligatoirement s'amplifier, car plus une ressource devient rare, plus elle devient chère et donc élitiste.

De plus, il n'y a pas de volonté aujourd'hui aussi bien de l'état - qui touche de substantielles taxes - que des grands industriels (des lobbies en fait), pour produire autre chose que des voitures à moteur thermique. Sauf peut-être d'autoLib avec les Bolloré BlueCar, et de Renault avec la Zoé. Le moteur thermique, il a un rendement qui plus est absolument déplorable: 20% environ pour une voiture à moteur à essence, et au mieux 30% pour une voiture diesel, d'après ce que l'on peut lire à droite ou à gauche, et qui me semble "grossi". Et pourtant nous disposons depuis fort longtemps de toutes les solutions. Mais lesquelles sont pérennes?

Voici ce que j'en pense.

En commençant par les voitures thermiques traditionnelles.

Nous sommes drogués à la voiture thermique. On l'aime tellement qu'on en a deux voire même trois par foyer. On la prend pour faire un ou deux kilomètres. Bien entendu, il faut montrer qu'on a la plus grosse. Elles grandissent inexorablement alors même que la taille des rues, des routes, des parkings ne peut pas en faire autant. Les 4x4 et autres SUVs ont le vent en poupe, surtout en ville. Toujours plus gros, toujours plus lourd, toujours plus puissant, toujours plus glouton, toujours plus polluant alors même que nos villes, moyennes ou grandes, étouffent. Je suis à 25 minutes de Grenoble. Le gigantesque chapeau de pollution couleur cramoisie qui trône en permanence au-dessus de Grenoble permet la réalisation de clichés surnaturels! Admirable dès lors que l'on prend un peu de hauteur. Voyez les quelques photos ci-dessous, très évocatrices:

grenoble1.jpggrenoble2.jpggrenoble3.JPG

La voiture n'est évidemment pas la seule responsable...

J'ai récemment pu voir un reportage intéressant sur l'exception française qu'est le tout diesel, dans Cash Investigation. On pourrait reprocher à ce documentaire d'être orienté à charge uniquement, mais on y apprend notamment que:

  • le prochain gigantesque scandale sanitaire sera axé sur les particules fines et divers composés polluant (suies, NOx, NO2, CO2, ...)
  • les constructeurs automobiles européens nous enfument en utilisant des termes barbares comme le fameux "cycle européen"
  • ce fameux cycle européen est totalement inadapté au contexte actuel, au modèle de conduite notamment de monsieur tout le monde, et cela arrange bien les constructeurs
  • la France risque une fois de plus d'être clouée au pilori de la commission européenne pour non respect des normes anti-pollution, avec des amendes de plusieurs centaines de millions d'euros à la clé
  • le filtre à particule (le FAP) est propre à une seule chose: son inefficacité, car la grande majorité des véhicules diesel ne sortent pas de la ville: le FAP ne peut se régénérer
  • le problème global est encouragé à grossir en raison de la fiscalité plus avantageuse sur le diesel, qui contribue à encourager les ventes de diesel

Ce documentaire sera apprécié différemment en fonction du public qui le regarde bien entendu. Mais tout ceci est bien alarmant et amène à réfléchir.

Alors justement, le cycle européen qu'est ce que c'est? Tout véhicule de la communauté européenne, pour pouvoir être homologué, passe sur un banc de test à rouleaux, où on fait rouler le véhicule selon un programme bien précis. C'est en fonction des résultats de ce test (consommation de carburant, émissions polluantes, ...) que les fameuses étiquettes énergie sont établies. Vous savez, l'étiquette que vous connaissez tous et qui classe le véhicule en A, B, C, ... et qui conditionne aussi le bonus-malus applicable au véhicule à l'achat.

Le souci de ce test est qu'il est totalement inadapté:

  • le véhicule roule à 14 km/h
  • des accélérations sont faites de 14 km/h à 32 km/h en 18 secondes!
  • la partie du test censée reproduire les conditions de roulage sur route nationale ne dépasse pas 70km/h pendant 1 minute 30 secondes
  • la partie du test censée reproduire les conditions de roulage sur autoroute ne dépasse pas 120 km/h et est tenue seulement pendant 10 secondes

Qui conduit comme cela? Personne. Cela arrange bien les constructeurs, car ils font en sorte de concevoir leurs véhicules pour être les meilleurs dans les conditions d'homologation. Ce qui se passe après, en condition de roulage standard par n'importe quel conducteur lambda, n'est pas leur problème.

Personnellement, je pense que ce test en cycle européen n'est pas le problème fondamental: je veux dire par là que tous les véhicules d'Europe qui sortent des usines sont testés sur les même bases. Ca c'est très bien. Là où j'affirme que le consommateur est trompé, c'est justement que ces tests sont totalement biaisés et que les valeurs de référence n'existent tout simplement pas et ne sont jamais rencontrées dans la vie d'automobiliste de monsieur tout le monde.

Là où je trouve que c'est plus grave, c'est que du coup, l'étiquette énergie de votre véhicule, les valeurs de pollution, tout ceci est du coup fondé sur ce fameux test à 14 km/h! Autrement dit, si on vous indique que la consommation du véhicule que vous souhaiteriez acquérir est de seulement 4 litres/100 km, inutile d'espérer atteindre un jour cette valeur. De même pour la pollution. En moyenne, et d'après les informations diffusées dans le documentaire, le véhicule polluera 4 fois plus que ce qui est indiqué.

etiquette_energie.gif

Sur cette fameuse étiquette énergie, les constructeurs n'indiquent pas que ces valeurs et le classement dans la catégorie A, B, C... sont uniquement valables si vous roulez dans les conditions du cycle européen à une vitesse de 14 km/h, éventuellement en piquant une petit pointe de vitesse à 32 km/h en mettant 18 secondes pour y parvenir, sans jamais faire plus de 10 secondes d'autoroute par jour (ou par trajet? ou par heure?)...

Donc, ma conclusion qui m'est personnelle, c'est que l'on nous vend du vent, et que les véhicules thermiques pourraient effectivement représenter une bombe à retardement potentielle en terme de risque sanitaire à grande échelle.

On nous ment.

Il faut que les critères et les conditions du test en cycle européen soient redéfinis pour coller à la réalité. Il me semble clair que ce test devrait être réalisé sur les conditions de roulage ci-dessous, et voici quelles sont mes propositions:

  • début du test véhicule à froid pour le cycle urbain
  • vitesse minimale de 50 km/h pour le cycle urbain
  • plusieurs départs, stabilisation à 50 km/h pendant 20 secondes, et arrêtés pour le cycle urbain (et atteindre 50 km/h en 5 secondes, pas en 1 minute, hein!)
  • vitesse stabilisée pour moitié à 70 km/h et pour moitié à 90 km/h pour le cycle péri-urbain, avec des accélérations franches
  • vitesse stabilisée à 130 km/h pendant 20 minutes pour le cycle extra-urbain, et montée à cette vitesse avec des accélérations franches

Je vous parie tout ce que vous voulez que ce que vous verrez à ce moment là sur l'étiquette énergie, la consommation mixte moyenne, les valeurs de pollution en g/km pour le CO2 et en ppm/m3 d'air pour le NOx (qui n'est pas relaté sur l'étiquette énergie pour ce dernier), seront tout à fait aux antipodes de ce que l'on vous vante actuellement... Et que le véhicule thermique quel qu'il soit, n'aurait jamais droit dans ces conditions, à aucun bonus "écologique"...

De là à dire que c'est de la fumisterie (pour rester dans la pollution et la fumée), il n'y a qu'un pas...

La suite... dans mon prochain billet ;-)

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